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Au fil de l'eau / Episode # 02 - L'économie sociale et solidaire au service de la coopération internationale : la réhabilitation d'un bouli pastoral à Timbosso (Burkina-Faso) par l'association C.A.S.E

Le second épisode de la web-sérié "Au fil de l'eau : les acteurs bourguignons se mobilisent à l'international" est consacrée à l'action du Collectif Afrique Sahel Entraide (CASE), qui regroupe 5 communautés Emmaüs et la confédération paysanne, au Burkina-Faso.

 

L'association Collectif Afrique Sahel Entraide

L'association Collectif Afrique Sahel Entraide est une association qui regroupe les 5 communautés Emmaüs de bourgogne et la confédération paysanne de bourgogne. Elle a été créée pour permettre la mise en oeuvre de projet de solidarité internationale, impliquant notamment les compagnons d'Emmaüs.

 

Le projet 

A Timbossosso, au nord du Burkina-Faso, la digue d'un bouli a été en partie détruite suite à la crue du fleuve l'oued, qui alimente le bassin durant la saison des pluies. Le projet de l'association consiste à reconstuire ce bouli et à permettre son entretien pour permettre aux communautés pastorales de la région de pouvoir faire venir abreuver leur bétail dans ce bassin.

 

L'association partenaire locale

L'association burkinabée "Opération des oasis sahéliens" est l'initiatrice et la coordinatrice de ce projet. L'association CASE vient en appui à son activité, suite à sa demande.

 

Les actions réalisées

Réparation de la digue de protection et du déversoir du bassin : le chantier a duré une semaine et il a nécessité la mise en place de 350 tonnes de pierres, récoltées préalablement par les villageois.

Sensibilisation des populations locales à l'entretien de la digue du bassin.

 

Le résultat

L'ensemble des communautés pastorales de la région concernée, et même des paysans des pays voisins du Niger et du Mali, peuvent désormais abreuver leurs bétail dans le bassin, et ainsi mieux subvenir aux besoins de leur communauté.

 

Le coût du projet

Le coût total du projet s'est élèvé à 11.100 €

 

A retenir

Les 5 communautés Emmaüs de bourgogne ont financé le projet grâce à la mise en place d'actions caritatives. Elles ont également été appuyé par la confédération paysanne.

La participation de personnes en réinsertion à la réalisation du projet à travers les compagnons d'Emmaüs.

 

A savoir

Le mot bouli signifie point d'eau ou encore étang aménagé. C'est un lac artificiel. Au Sahel, les pluies tombent toujours soudainement et de façon très violentes. L'eau ne s'infiltre pas et s'écoule directement à la surface du sol. Une solution pour remédier au manque d'eau est de collecter et stocker les eaux de pluie dans de grands trous où elle est piégée, c'est le système du bouli.


Bouli Case Photo

(Crédit photo : Association Collectif Afrique Sahel Entraide)

 


 

Entretien avec le Président de l'association C.A.S.E - Georges Colombier

"Tous les compagnons ayant participé à de telles expériences sont toujours volontaires pour recommencer"

 


 

Bourgogne coopération : Pour ce projet, pourquoi avez-vous mobilisé les compagnons d'Emmaüs  ? Qu'est-ce-que cette expérience leur a apportée ?

Georges Colombier : La participation des compagnons à nos chantiers sur place est une des composantes importantes de notre action de solidarité. Malmenés par la vie et manquant de confiance dans leur potentiel les compagnons trouvent, dans un autre contexte que nos pays développés mais individualistes, des populations accueillantes et pauvres auprès desquelles ils se sentent valorisés par l'aide qu'ils apportent par leur travail. Tous les compagnons ayant participé à de telles expériences sont toujours volontaires pour recommencer.

 

Bourgogne coopération : Est-ce le seul projet que l'association C.A.S.E a mené à l'international ? Si oui, pouvez vous préciser pourquoi ce projet et pas un autre ?

Georges Colombier : Le chantier de Timbossosso n'est qu'un des projets menés par CASE au Burkina. Pratiquement chaque année depuis plus de 10 ans nous soutenons des projets dans le domaine de l'eau. Si ce projet a été choisi c'est parcequ'il est récent et qu'il faisait intervenir villageois, animateurs d'OOS, compagnons et bénévoles d'Emmaüs. Mais on peut citer l'étanchéification du bouli maraicher de Gangani qui permet à 50 familles de cultiver depuis 2011 des légumes divers et ainsi de diversifier leur nourriture, et constitue aussi un petit revenu grâce à la vente sur les marchés. En 2013, le creusement de trois puits à Darkoy a permis là aussi la création d'un maraichage dont les premières récoltes sont attendues dans le mois à venir. Chaque année, nous aménageons les abords de forages afin de faciliter l'accès et le travail des villageoises et d'éviter la pollution des forages par les animaux.

 

Bourgogne coopération : Pouvez-vous me préciser l'impact du projet sur la population locale, c'est-à-dire le nombre de communautés pastorales ou d'éleveurs qui peuvent maintenant profiter du bouli ?

Georges Colombier : Tous les villages environnants profitent du bouli, mais aussi les troupeaux nomades de la région et ceux du Niger ou du Mali

 

photos équipe Case test

 

Photo de l'équipe qui a participé (bénévoles et compagnons) au chantier

 

 

Bourgogne coopération : Quels freins avez-vous rencontrés dans le cadre du projet ?

Georges Colombier : La principale difficulté rencontrée est l'accessibilité à ce village, qui n'est pas doté de route et éloigné de toute infrastructure.

 

Bourgogne coopération : Que conseillerez-vous à celles et ceux qui souhaitent s'engager dans la solidarité internationale ?

Georges Colombier : Ce que nous conseillerions est de nécessairement s'appuyer sur les populations locales. Les projets doivent venir de leur demande, il faut associer les villageois à l'étude et à la réalisation. C'est ainsi que les populations s'approprieront l'ouvrage, l'utiliseront et surtout assureront son bon entretien. Il faut aussi impliquer et s'appuyer sur les compétences locales , régionales voire nationales qui existent très souvent et toujours informer les autorités locales pour avoir leur appui et vérifier que les actions proposées s'inscrivent bien dans leurs schémas régionaux de développement.

 

Mars 2014 - Propos recueillis par Valérian GATTI

 

 


 

Bouli Case Photo 2

(Crédit photo : Association Collectif Afrique Sahel Entraide)