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lundi, 07 avril 2014 10:05

Au fil de l'eau / Episode #05 - Le comité de Jumelage - Coopération Quetigny-Bous-Koulikoro, engagé pour le développement d'une bananeraie au Mali

Le cinquième épisode de la web-série "Au fil de l'eau : les acteurs bourguignons se mobilisent à l'international" est consacré au Comité de Jumelage - coopération, Quetigny-Bous-Koulikoro engagé pour le développement d'une bananerai au Mali.

 

Le comité de Jumelage - coopération Quétigny-Bous-Koulikoro

A partir de 1985, des contacts se sont établis entre la ville de Quetigny et la ville de Koulikoro. Sous l'impulsion de l'équipe municipale et en association avec les habitants, le Jumelage-Coopération a été signé en 1986 entre Koulikoro et Quetigny puis, en 1989, la commune de Bous en Allemagne l’a rejoint. En 2006, lorsque la motopompe qui permettait d'irriguer la bananeraie de la coopérative de Kayo (quartier de Koulikoro) est tombée en panne, la coopérative a fait une demande au comité de jumelage Quetigny-Bous-Koulikoro pour assurer son remplacement.

 

L'obecjtif du projet

Maintenir les revenus issus de la bananeraie et améliorer la rentabilité de celle-ci.

 

Organisations locales partenaires 

Le comité de jumelage de Koulikoro et « Tjiwara », ONG de droit malien.

 

Les actions menées

Appui à la Réalisation d'une étude de rentabilité par « Tjiwara »

Prêt sur 10 ans de la valeur d'un groupe motopompe, sous réserve d'une formation technique et comptable, ainsi que d'un suivi rigoureux de l'association partenaire « Tjiwara ».

Appel à la souscription d’actions pour le financement

 

Coût total 

Le coût total est de 12 400 € dont 600 € de frais de formation. Le comité de Bous a assuré 6 500 €, la souscription a recueilli 3 200 €, le comité de Quetigny a fourni le solde

 

Impact du projet

Amélioration du niveau de vie des habitants. En effet, cela a permis un revenu supplémentaire de 17 500 F CFA par mois et par coopérateur (2/3 d’un SMIG malien).

 

A retenir

Pour cette action, le Comité de Jumelage-Coopération a utilisé, pour partie, un financement par souscription. Cela permet à quiconque de contribuer au projet par le prêt d’une somme modeste. L’argent récolté par le comité de jumelage-coopération est ensuite mis à disposition sous forme de prêt aux partenaires du sud.

 


 

2010 motopompeDSC02141

(Credit photo : Comité Jumelage - coopération, Quetigny-Bous-Koulikoro)

 


 

Entretien avec Jean-Michel Thomas, membre du Comité de Jumelage-Coopération Quetigny-Bous Koulikoro.

 


 

Bourgogne coopération : Le comité de jumelage-coopération a effectué d'autres actions en lien avec la thématique de l'eau, pouvez-vous nous les décrire ?

Jean-Michel Thomas : Le comité de jumelage-coopération est né de la volonté d’Hervé Vouillot, ancien maire de Quetigny et d’un de ses condisciples, malien, à l’université de bourgogne d’agir ensemble après les grandes sécheresses sahéliennes.

En 1987, la première demande, dans le domaine agricole, de la municipalité de Koulikoro a été d’intervenir sur le périmètre irrigué de Fougadougou avec un double objectif, social et pédagogique. Il s’agissait d’aider un village touché par l’onchocercose (cécité des rivières), maladie qui avait rendu aveugles 80 % des villageois. De plus, les élus de Koulikoro souhaitaient montrer aux habitants de la localité et aux divers groupements villageois qu’il était possible d’agir ensemble concrètement sur le terrain pour améliorer les conditions de vie d’une population : un périmètre irrigué était une entreprise importante mais réalisable et économiquement rentable.

Dans un premier temps, il s’est agi d’aménager et de sécuriser un nouveau périmètre (agrandissement de la surface déjà cultivée grâce à une motopompe solaire) et de développer des cultures pérennes (agrumes et mangues tardives). Les pannes successives de la pompe et les coûts de réparation prohibitifs ont conduit le comité de jumelage-coopération et la commune de Bous à financer, sous forme de prêt, une motopompe fonctionnant au gas-oil et à l’huile végétale de pourghère. Cette euphorbe (Jatropha Curcas), fréquente dans la région, avait servi à établir la haie de sécurisation du périmètre. L’utilisation d’huile végétale augmentait l’autonomie financière du village.

Le comité de jumelage-coopération a conduit un autre projet (forage), toujours en partenariat avec Bous, pour lutter contre la bilharziose. Cette maladie parasitaire est due à la pénétration, par voie cutanée, d’un ver dont l’hôte intermédiaire est un mollusque vivant en eaux peu profondes. Elle se traduit par la présence de sang dans les urines. Les femmes en allant faire la vaisselle dans le fleuve, les enfants en allant puiser de l’eau ou en jouant se contaminent. 75% de ces derniers étaient contaminés. A Gouni, village limitrophe de Koulikoro, le directeur de l’école (en correspondance scolaire avec l’école de Sennecey, commune proche de Quetigny) et l’association des parents d’élèves ont sollicité le comité de jumelage-coopération pour creuser un forage. Aujourd’hui, l’eau coule toujours à la pompe et ce depuis 16 ans (les femmes du village se sont appropriées le fonctionnement et l’entretien du forage).

 


Photo de la motopompe fonctionnant au gas-oil et à l'huile végétale de pourghère

 

pompehuile2

(Credit photo : Comité Jumelage - coopération, Quetigny-Bous-Koulikoro)

 

 


 

Bourgogne coopération : Quelles sont les motivations du comité de jumelage-coopération d'agir dans le domaine de l'eau ?

Jean-Michel Thomas : Ce sont toujours les partenaires maliens qui formulent des demandes. Ces dernières transitent toujours par le comité de Koulikoro qui donne, ou non son accord. Les comités de Quetigny et de Bous analysent et valident les demandes. C’est ainsi que le comité de jumelage-coopération est intervenu dans le domaine de l’eau.

 

Bourgogne Coopération : Contenu de la méthode de financement du projet, pouvez-vous me décrire le principe de la souscription ? 

Jean-Michel Thomas : En 1989, pour permettre à des villageois d’assurer une continuité alimentaire dans les moments de crise, le comité de jumelage-coopération avait contribué à la création d’un grenier collectif. Pour assurer le financement du stock initial de céréales, il avait lancé, auprès des habitants des communes proches de Quetigny, une souscription d’ « actions » de 50 francs (environ 7,5 euros) remboursables sans intérêt. Lorsque le prêt consenti au village a été quasi-remboursé, le comité de jumelage-coopération a demandé aux souscripteurs s’ils souhaitaient être remboursés ou participer à un nouveau projet en l’occurrence le financement de la motopompe de la bananeraie. Une grande majorité d’entre eux a souhaité renouveler son engagement. D’autres souscripteurs ont aussi souhaité participer à cette action de développement. Pour ce dernier projet, le montant de la souscription a représenté 25 % du coût total.

Il est important que les souscripteurs soient régulièrement informés de l’avancée des projets qu’ils ont aidés à financer.

 

Bourgogne coopération : Quels ont été les freins rencontrés pour la réalisation du projet ?

Jean-Michel Thomas : Un des premiers freins est de faire comprendre aux populations concernées la différence entre un prêt et un don. En effet, le comité de jumelage-coopération procède à des prêts lorsqu'il s'agit de financer des activités à caractère économique. S'agissant d'investissement, non seulement il faut rembourser le prêt octroyé mais il est aussi nécessaire de constituer un fonds de réserve pour remplacer le matériel lorsqu'il ne fonctionnera plus. C’est, en général, difficile à faire comprendre car cela suppose une vision linéaire du temps, que nos partenaires du sud ne partagent pas forcément.

Pour assurer un remboursement régulier, un suivi régulier s’avère indispensable. Il est préférable qu’il soit le fait d’une organisation ou d'une association locale : pour éviter les conflits locaux (sociaux), le mieux est qu'il soit réalisé par une personne étrangère au projet.

 

Bourgogne coopération : Que conseilleriez-vous à un comité de jumelage qui souhaiterait s'engager dans des projets de solidarité internationale ?

Jean-Michel Thomas : Dans un premier temps il faut faire confiance aux populations locales sur la nature du projet mais veiller à avoir un interlocuteur fiable avant, pendant et après la mise en place de l'investissement.

Il faut bien faire comprendre aux populations locales que les remboursements des prêts doivent permettre de lancer d'autres projets dans le secteur.

 

 Avril 2014 - Propos recueillis par Valérian GATTI


 

Photo de la pompe de forage à Gouni

Pompe forage comite de jumelage

(Credit photo : Comité Jumelage - coopération, Quetigny-Bous-Koulikoro)

 


 Pour en savoir plus sur le Comité de jumelage-coopération Quetigny Bous Koulikoro :

http://www.jumelage-quetigny.fr/

 

 

A partir de 1985, des contacts se sont établis entre la ville de Quetigny et la ville de Koulikoro. Sous l'impulsion de l'équipe municipale et en association avec les habitants, le Jumelage-Coopération a été signé en 1986 entre Koulikoro et Quetigny puis, en 1989, la commune de Bous en Allemagne l’a rejoint. En 2006, lorsque la motopompe qui permettait d'irriguer la bananeraie de la coopérative de Kayo (quartier de Koulikoro) est tombée en panne, la coopérative a fait une demande au comité de jumelage Quetigny-Bous-Koulikoro pour assurer son remplacement.

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