Devenir volontaire à l'international
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Volontariat à l'international

En 2014, le réseau bourgogne coopération et l'association France Volontaires ont réalisé une étude sur le volontariat des Bourguignons à l'international.

Chantier de jeunes, service volontaire européen, volontariat de solidarité internationale, congé solidaire... Afin d'y voir plus clair, 41 structures engagées dans l'information ou le financement du volontariat, l'accueil ou l'envoi de volontaire ont été rencontrées.

Ce travail avait pour objet d'analyser l'engagement des Bourguignons à l'international et de réaliser un état des lieux des différentes formes d'engagements, d'identifier les enjeux auxquels les structures (collectivités, ONG, associations d'éducation populaire, etc.) sont aujourd'hui confrontées, et de définir des pistes d'actions concrètes.

 

Pour consulter la synthèse de cette étude (4 pages), cliquer ici.

L'étude complète est disponible en téléchargement libre en cliquant ici (P. RUMEL, Dir. B. Léger et A. Gonzalez, 2014).

 

 

Résultats de l'étude


 

DES DYNAMIQUES REPOSANT SUR LE SECTEUR ASSOCIATIF

 

carte region 1

 

Les dynamiques d’engagements volontaires et solidaires à l’international sont particulièrement développées dans les départements de la Côte d’Or et de la Saône et Loire, avec respectivement 25 et 12 structures ayant leur siège dans ces départements. Les villes de dijon et de chalon-sur-saône sont particulièrement représentées. A l'inverse, l’activité dans ce domaine est plus faible dans l’Yonne et la Nièvre.

Plus de 80% des acteurs sont des associations. Quelques collectivités et administrations de l’Etat sont également mobilisées, assurant le plus souvent un rôle d’information ou de financement.

Avec 433 volontaires recensés par cette étude, la bourgogne démontre un certain dynamisme mais reste moins active à l’international que d’autres régions, plus peuplées et moins rurales.

 

DES VOLONTARIATS COURTS ET UN PUBLIC MAJORITAIREMENT JEUNE

 

Les volontariats d’initiation et d’échange sont les plus courants et concernent plus d’un volontaire sur deux. La découverte et l’échange interculturel constituent les attentes les plus fréquentes de ce public, dont les missions durent généralement entre 2 et 4 semaines.

Les « moins jeunes », professionnels ou retraités majoritairement, sont de plus en plus nombreux à s’investir, avec une forte proportion de volontaires âgés de 30 à 60 ans, voir plus de 60 ans. En tant que bénévoles au sein d’associations, ces profils s’engagent le plus souvent sur des volontariats de compétences d’une durée courte, inférieure à deux mois.

Les volontariats de coopération se développent progressivement, en lien avec les programmes nationaux et européens (service civique à l’international, service volontaire européen, volontariat de solidarité internationale). Ces volontariats institutionnels sont généralement longs et durent entre 6 et 24 mois.

 

LE VOLONTARIAT TYPE : EN AFRIQUE, SUR LES THÉMATIQUES DE L'ÉDUCATION ET DE DE L'ANIMATION

 

carte monde2

Destination des volontaires Bourguignons en 2013

 

La majorité des organisations d’envoi de volontaires agissent en direction de l’Afrique subsaharienne, et concernent le plus souvent des volontariats d’initiation et d’échange. L’Europe occupe la deuxième place, suivie de l'Asie. Seules deux structures sont habilitées à envoyer des SVE sur le territoire ce qui explique la sous-représentation des destinations européennes. La représentation de l’Amérique Latine n’est assurée que par un acteur seulement.

L’éducation / enseignement et l’animation / jeunesse sont les deux principaux domaines d’intervention. Ce sont très souvent des volontariats d’initiation et d’échange. Dans une moindre mesure, les domaines de la santé/prévention des risques, la sécurité alimentaire et le secteur de l’informatique/communication, demandant davantage d’expertise sont assurés par des volontariats de compétences. Enfin, l’action culturelle et l’environnement sont les domaines majeurs des volontariats de coopération (particulièrement des SVE et des services civiques à l’international).

 

LA DIFFICULTE MAJEURE : LE FINANCEMENT

 

Avec une diminution constante des financements alloués pour les projets de solidarité internationale, les sources de financement se sont diversifiées : collectivités territoriales, Etat, Union Européenne, acteurs privés, autofinancement, etc. Néanmoins, le plus souvent, le volontaire doit participer au financement de sa mission.

Les volontariats d’initiation et d’échange exigent très souvent un financement du volontaire, particulièrement pour les chantiers internationaux de bénévoles. Ils bénéficient souvent de soutien des collectivités.

Pour les volontariats de compétences, les dynamiques font davantage part à des projets d’envergure sur long terme. Le financement du volontariat est souvent assuré par la structure ou des partenaires privés, les volontaires ne financent pas systématiquement leur engagement.

Enfin, les volontariats de coopération, regroupant les dispositifs nationaux ou européens ne nécessitent pas le financement du volontaire: ils sont financés par l’Etat (Service civique à l'international, VSI), ou l’Union Européenne (Service volontaire européen).

 

ETRE VOLONTAIRE : POURQUOI ET COMMENT PARTIR ?

 

Les rencontres avec 12 volontaires ont permis de comprendre davantage les liens entre les structures concernées par le volontariat et les volontaires eux mêmes. Des volontaires de chaque type de volontariat ont été interrogés sur leurs missions, leurs ressentis, leur degré de satisfaction, etc.

L’échange interculturel et la découverte sont les raisons majeures de l’engagement volontaire (envie de découvrir de nouvelles cultures, « aider ou être solidaire », etc). Les raisons à but professionnel ou d’acquisition de compétences sont moins fréquentes. Néanmoins, les volontariats longs semblent de plus en plus une alternative face aux difficultés d’insertion au marché de l’emploi que rencontrent les jeunes.

 

Des préparations systématiques mais incomplètes

La majorité des structures reconnaît l’importance de devoir préparer et former le volontaire, particulièrement sur l’interculturalité. Certaines de ces préparations sont cependant informelles et incomplètes pour des expériences de solidarité internationale. Peu sont les acteurs qui abordent des points plus psychologiques et anthropologiques de l’engagement : les bénéfices de leurs actions par rapport aux besoins et aux attentes des populations, leur désir altruiste d’aider le sud, la légitimité de leur actions, le projet personnel / professionnel post-mission, etc.

 

Une expérience riche mais encore difficile à valoriser

L’expérience volontaire procure de nombreux bénéfices pour les volontaires. Ces derniers affirment souvent que leur engagement a beaucoup influencé leurs modes de réflexion et d’analyse de la société actuelle et du monde. La multitude des émotions qu’ils ont pu ressentir en rencontrant des situations parfois insolites ou extrêmes participe à leur construction d’un monde plus juste et citoyen. Cependant, les volontaires reconnaissent que leur expérience est difficile à valoriser. En effet les volontariats ne semblent pas si connus et reconnus dans le secteur professionnel.

 

ENJEUX ET PERSPECTIVES

Cette enquête a permis aux enquêtés d’évoquer certaines de leurs difficultés.

Deux acteurs sur trois rencontrent des difficultés dans la mise en place de projets de volontariat, que ce soit dans la phase de préparation, sur le terrain, ou au retour de la mission. Les difficultés les plus récurrentes sont d’ordre financier (manque de budget, trésorerie), logistique (cadrage de la mission de volontariat) ou interculturel (relation avec le partenaire, adaptation à l’environnement).

L’étude permet également de relever plus précisément les besoins et les attentes des enquêtés ainsi que les services qu’ils attendent pour développer les engagements à l’international. Cet aspect qualitatif a permis de cerner des freins majeurs aux dynamiques volontaires et solidaires. Des recommandations ont été faites sur ces constats pour mettre en place des outils et des actions communes pour renforcer et développer les volontariats.

Les enjeux du volontariat en bourgogne concernent principalement :

  • L’information des professionnels / personnels de structures et d’autres publics définis et ciblés.
  • L’accessibilité du volontariat, notamment auprès des publics éloignés de la mobilité.
  • L’accompagnement des structures engagées dans le volontariat à travers la formation de leurs personnels et par un appui méthodologique individualisé et de proximité.
  • Les types de financement du volontariat, leur identification, leur diffusion et leur facilité d’accès.

L’étude permet de cerner d’autres enjeux propres à la région bourgogne : le maillage du territoire, la mise en réseau des acteurs, la mobilisation des collectivités territoriales (à travers l'articulation de leurs politiques jeunesse et de leurs politiques internationales) apparaissent comme des points primordiaux. Dans ce contexte, il semble impératif que les acteurs concernés s’attellent à ces défis communs pour renforcer l’utilité et la pérennité de leurs actions.

Cette étude a permis également de réunir les principaux acteurs publics et associatifs de l’engagement à l’international. A la suite de cette mobilisation, il convient de poursuivre cette dynamique et de définir des propositions concrètes, dans une logique ascendante, concertée et de réciprocité avec les partenaires internationaux des Bourguignons.

 

Pour en savoir plus :

Benjamin LEGER, coordinateur de bourgogne Coopération

Mail : bleger@bourgognecooperation.org

Tel : 06.98.21.21.71

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